PACSU en 10 QUESTIONS

Le PACSU en 10 questions

Foire Aux Questions (FAQ)

Le PACSU en 10 questions

  1. Quelle est la vision et l’enjeu du Projet Accélérer les Progrès vers la Couverture Sanitaire Universelle ? 

En droite ligne des Objectifs de Développement Durable auxquels les Nations Unies et les Gouvernements du monde entier ont souscrit, le Projet Accélérer les Progrès vers la Couverture Sanitaire Universelle [PACSU] nourrit une vision forte et audacieuse, en droite ligne avec la réforme de la santé qui a été enclenchée en 2019 (le Plan d’Action pour le Mali).

L’enjeu est de contribuer à faire du Mali un pays  émergent fort de sa compétitivité économique et fier de ses valeurs de justice, de paix, de solidarité et de cohésion sociale.

  1. Quels sont les fondements du PACSU ?

Avec le soutien de la Banque Mondiale, du Mécanisme de Financement Mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents (GFF), et du gouvernement néerlandais, le gouvernement malien a préparé le PACSU pour relever certains des défis majeurs du système de santé pour accélérer les progrès en vue d’établir la couverture sanitaire universelle (CSU). Un premier fondement du PACSU et le financement basé sur la performance (FBP). Le Mali a identifié le FBP comme une stratégie centrale pour remédier aux faiblesses de ses systèmes de santé et contribuer à la réalisation de la CSU. Le FBP est une approche de réforme du système qui vise à améliorer la qualité des soins de santé, l’accessibilité et l’utilisation des soins de santé spécialement pour les femmes, les adolescents et les enfants, l’utilisation efficace des ressources publiques rares et l’équité et l’accès financier. Il permet aux établissements de santé d’être innovants et efficaces. Le financement mis à leur disposition permet aux établissements de chercher des solutions adaptées à leurs problèmes locaux.

Le Mali a déjà eu des expériences en FBP. La première expérience a été réalisée dans trois districts sanitaires (Dioïla, Fana et Banamba) dans la région de Koulikoro de février 2012 à décembre 2013. La deuxième expérience a eu lieu dans tous les 10 districts sanitaires de la région de Koulikoro pour une courte période de 8 mois, en 2016 et 2017 sur financement de IDA.

Un deuxième fondement du PACSU repose sur des expériences innovantes et prometteuses autour de l’activité des agents de santé communautaires qui permettent, en coordination avec les centres de santé communautaire et sous la supervision des agents du Ministère de la Santé, de sauver des vies précieuses en offrant des soins essentiels à domicile et en assurant une fonction de surveillance et de prise en charge communautaire des maladies.

  1. Quel est l’objectif de developpemet de PACSU  et quest en sont les composantes cles ?

PACSU a pour objectif d’améliorer l’utilisation et la qualité des services de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile, adolescente et de nutrition en particulier parmi les ménages les plus pauvres dans les zones ciblées.

Le PACSU est structuré autour de trois composantes principales : (1) le financement basé sur la performance au niveau des centres de santé primaire, (2) le renforcement de la performance des agents de santé communautaire et (3) le renforcement de la performance du système de santé dans son ensemble.

  1. Quels sont les bénéficiaires du Projet et quelles sont les zones ciblées ?

Les principaux bénéficiaires du Projet seront les femmes en âge de procréer, les adolescents et les enfants, grâce à une utilisation accrue des services de santé de qualité en matière de santé des mères, des enfants et des adolescents.

Les  zones  ciblées par le Projet sont :

  • l’ensemble des 10 districts sanitaires de la région de Koulikoro
  1. 3 districts sanitaires de la région de Mopti (Bandiagara, Bankass, Mopti)
  2. 3 districts sanitaires de la région de Ségou (Baraouéli, Bla, Ségou)
  3. 10 CSComs de la région de Gao

Ces zones ciblées représentent environ 4.5 million de Maliens, dont 731,00 enfants âgés de moins de 5 ans et environ 1 million de femmes âgées de 15 à 49 ans. En renforçant la qualité globale des services offerts au niveau des établissements de santé, le projet aura également une incidence positive indirecte sur le plus grand nombre de population établie dans les zones d’intervention.

  1. Quelle sera la valeur ajoutée de PACSU dans la riposte de la pandémie due au COVID 19 ?

Dans le contexte d’une  crise sanitaire de l’ampleur du COVID-19, ou toute l’attention des soignants est attiré vers la prévention et la prise en charge des cas de COVID, il est important de maintenir  et d’accentuer les prestations de qualité, et spécifiquement l’accès et l’utilisation des soins de santé liés à la santé reproductive. Si le COVID-19 impacte fortement la santé publique, les infrastructures de santé et la prestation des soins de santé en général, son impact est donc autrement plus marqué pour les catégories vulnérables comme les femmes enceintes, les mères allaitantes ainsi que les nouveau-nés, dont le système immunitaire est moins résistant aux maladies.

Les recherches internationales ont estimé, a la base des chiffres mondiaux de 132 pays (low and middle income countries), qu’une baisse de 10% a fourniture de soins de santé liés à la grossesse et aux nouveau-nés aurait des conséquences désastreuses pour la vie des femmes et de leur les nouveau-nés, parce qu’ils ne peuvent pas recevoir les soins dont ils ont besoin.En plus de contribuer à maintenir les prestations en direction des couches vulnérables, PACSU aidera aussi à suivre et prévenir le COVID en milieu communautaire, grâce au FBP, grâce à la composante sur la performance des agents de santé communautaire, et grâce à l’appui apporté sur le renforcement du système d’information sanitaire.

Le PACSU, avec une enveloppe de 89.4 millions de dollars américains, s’inscrit donc en pleine complémentarité avec deux autres instruments financiers déployés par la Banque Mondiale pour appuyer le Mali dans sa réponse au COVID-19 :

  • Le projet régional REDISSE (10.4 millions de dollars américains, 2018-2024)
  • Le projet de réponse d’urgence au COVID-19 (12.9 millions de dollars américains, 2020-2022)

Alors que les projets REDISSE et COVID-19 se concentrent sur la réponse d’urgence au COVID à court terme, le PACSU se concentre sur le maintien de la continuité des soins de santé essentiels et le renforcement de la surveillance à base communautaire à moyen terme.

  1. De quelle façon concrète PACSU fera-il face à ces défis ? 

La pandémie de COVID-19 comporte le risque majeur de frapper plus durement les services de santé maternelle et reproductive critiques et d’urgence, avec potentiellement des installations limitées pour les zones d’isolement pour évaluer et prendre en charge les femmes en travail et les nouveau-nés. PACSU renforcera et rendra plus fonctionnel le système de santé au Mali en le dotant de ressources conséquentes pour optimiser l’efficacité de la riposte au COVID-19, limiter les déséquilibres dans la prestation des soins de santé, voire empêcher une rupture  des services essentiels de routine : les consultations prénatales (CPN), l’accouchement avec l’aide d’un personnel qualifié, les soins obstétricaux et néonatals d’urgence, les consultations postnatales et les services complets de vaccination maternelle et néonatale etc.

PACSU anticipera aussi la nécessité de la prévention et du contrôle de l’infection à COVID-19 chez les femmes enceintes, les nouveau-nés et les enfants et le risque potentiel de transmission verticale.

  1. Quelle sera la réponse de PACSU au défi de la qualité des données dont souffre le système d’information sanitaire du Mali ? 

PACSU contribuera aussi au renforcement des systèmes d’information sanitaire (SIS)

PASCU permettra ainsi d’améliorer la qualité des informations relatives à la santé RMNEA et de relever le défi de la rapidité, de l’intégralité et de la qualité des données pour le système d’information de la plate-forme DHIS2. Le projet contribuera à mettre en place un portail pour la collecte des données ; cette plateforme sera en lien avec le DHIS2 et  soutiendra les efforts de collecte de données privées ainsi que la numérisation des données en respectant les dispositions légales en matière de protection des données à caractère personnel au Mali.

Le PACSU contribuera aussi à renforcer la plateforme DHIS2 pour améliorer la détection des cas, la conduite du suivi des patients-contacts, et l’enregistrement et le suivi des voyageurs pénétrant les ports d’entrée du pays, ainsi que la détection et le signalement des zoonoses.

  1. Quel est la durée du projet, son coût et ses contributeurs. 

PACSU est d’une durée de 4 ans, avec un financement de 89.4 millions de dollars américains incluant un co-financement de USD 10 millions du Mécanisme de Financement Mondial pour la santé de la femme et des enfants, ainsi que du Gouvernement des Pays-Bas pour un montant de USD 29.4 millions, 50 millions de la Banque Mondiale

  1. Il est question de Financement Basé sur la Performance. De quoi s’agit-il ? 

Le FBP est  l’une des innovations caractéristiques du projet PACSU.  Il implique que les services de santé rendus par les prestataires impliqués dans le projet soient payés non pas a priori [achat des intrants], mais a posteriori, après vérification de leur effectivité, de leur volume et de leur qualité, suivant des indicateurs préalablement définis. C’est un principe d’achat des résultats, qui a pour finalité de tirer notre système de santé par le haut en instaurant des principes de compétitivité, d’efficacité et d’efficience dans la gestion des ressources allouées à la santé.

1O. Beaucoup de projets ne laissent aucune trace après leur clôture. Quelles sont les mesures pour assurer la pérennité de résultats escomptés du PACSU ?

Au plan technique, la durabilité de PACSU sera assurée par des activités de transfert de connaissances pendant la durée du projet, les capacités ayant été développées pendant le pilotage du précédent FBP à Koulikoro ainsi que pendant l’exécution du pré-pilote FBP appuyé par la Coopération Néerlandaise. En outre, un vaste programme de formation sera financé pour renforcer les capacités nationales et créer des entités techniques nationales telles que l’unité nationale FBP au sein du Ministère de la santé ou le CDVA national, qui assumera les fonctions du consortium international d’ONG KIT-SNV, gestionnaire des contrats FBP pendant l’expérience pilote précédente. Ces unités bénéficieront d’activités de renforcement des capacités pendant la mise en œuvre du projet aux formations et un encadrement sur le terrain. Un programme de formation des formateurs pour les achats stratégiques sera mis au point, ce qui permettra d’avoir une réserve de formateurs compétents en achats stratégiques qui à leur tour, formeront plus tard des formateurs supplémentaires en utilisant une formation en cascade pour garantir la capacité à tous les niveaux du système de santé.

Quant à la durabilité financière du FBP, elle peut être raisonnablement réalisée, compte tenu du coût limité de ce mécanisme (autour de 3 dollars US par habitant / an supplémentaires dans les zones ciblées et entre 0,5 et 0,75 dollars US par habitant dans l’ensemble du pays) et ce, en dépit du faible niveau actuel de financement public dans la santé (environ 7 dollars US par habitant et par an sur des dépenses totales de santé d’environ 42 dollars par habitant et par an). Le projet contribuera à améliorer l’efficacité des dépenses de santé en passant d’un financement basé sur les intrants à un financement basé sur les résultats et en permettant un certain degré d’achats stratégiques. En investissant 2 à 3 dollars US par habitant et par an (frais généraux inclus) et environ 12 millions de dollars US par an pour couvrir environ 4 millions de maliens, le coût total du projet restera abordable et durable dans les années à venir. En outre, en intégrant le dialogue politique en cours sur la réforme de la structure de financement du Ministère de la santé, avec des lignes budgétaires pour les subventions FBP (avec lesquelles les établissements de santé ont la latitude de planifier et utiliser) et en veillant à ce que le FBP soit intégré dans la stratégie élargie du financement national du secteur de la santé (y compris la politique d’assurance maladie universelle en cours, RAMU), il est escompté que le projet parvienne à institutionnaliser ces réformes de FBP.

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